Boulimie nerveuse et cerveau reptilien

Les restrictions alimentaires telles que les régimes restrictifs peuvent déclencher un mécanisme de survie issu du cerveau reptilien : il pousse à manger de manière urgente.

Je voulais partager avec vous une explication de ce mécanisme tirée d’un livre : Brain over binge de Kathryn Hansen. L’auteure a vécu les compulsions alimentaires et a fait de nombreuses recherches à ce sujet. Elle déclare que vous n’avez pas à régler tous vos maux et ce qui cloche chez vous avant de pouvoir cesser les compulsions.

Boulimie nerveuse et cerveau reptilien

Kathryn Hansen décrit le mécanisme suivant : il existe une zone du cerveau appelée le cerveau primitif ou cerveau reptilien dont le but est de vous maintenir en vie. Il se met en alerte rouge dès qu’il perçoit des restrictions alimentaires. Il vous pousse alors à mange, voire manger beaucoup pour vous mettre à l’abri des famines ultérieures. Pensez à l’époque où nous vivions dehors dans la nature, nous ne savions pas quand serait notre prochain repas. On faisait des réserves pour survivre.

Une autre zone du cerveau impliquée est celle du cortex préfrontal, siège du raisonnement, de nos idéaux.

Quand une compulsion ou une urgence à manger survient, c’est la petite voix du cerveau primitif qui parle. Mais elle ne peut pas agir sans l’aide du cortex préfrontal pour aller vers la nourriture. L’action vient de ce dernier.

Les « urgences » sont le problème

Les « urgences » sont la cause des compulsions, pas le stress explique l’auteure. Beaucoup connaissent le stress sans pour autant manger. En revanche, une personne sujette à une « urgence » (urges en anglais) du cerveau primitif peut manger en cas de stress. Ce mode réflexe est également entretenu par l’habitude.

Note : concernant les compulsions alimentaires et ce qui les entretient ou les déclenche, on peut aussi évoquer le circuit récompense et la dopamine, l’aspect addictif de certains aliments comme les produits sucrés, l’ingestion d’aliments concentrés en lipides et en glucides.

On sait grâce aux neurosciences que les habitudes se créent et se perdent (synapses neuronales). On peut changer ses habitudes en répétant une action entre 21 et 66 jours. En effet, ces nouvelles connections demandent du temps pour former une nouvelle habitude.

Étant donné que les thérapies classiques ne fonctionnent que pour 30 à 50 % des patients, le fait de comprendre ce mécanisme dans les compulsions alimentaires est d’une grande aide.

Désamorcer les « urgences »

En premier lieu, il s’agit de ne pas s’imposer de restrictions alimentaires et de se nourrir convenablement. L’attention portée à la qualité des aliments est primordiale : des aliments non transformés, simples et le plus proche de leur état naturel possible.

Vous pensez peut-être que manger « normalement » c’est manger trop. Dites-vous que votre corps sait brûler les calories et que tant qu’il est malnutri en revanche, vous ne perdrez pas de poids. Ne vous pesez pas. Un peu de rétention d’eau au départ est normal chez celles qui ont l’habitude de se faire vomir. Ne vous inquiétez pas, cela va rentrer dans l’ordre.

Contempler les émotions

L’auteure précise que même si vous vous nourrissez convenablement en qualité et en quantité, la petite voix du cerveau reptilien peut vous pousser à vous resservir (par habitude, en cas de famine future…). A ce moment, il faut l’ignorer et se faire confiance, une émotion ne fait que vous traverser. Contemplez-là sans rien faire comme si vous étiez assis au bord d’une rivière tumultueuse, pas dedans. Respirez calmement. Le mal-être après une compulsion est bien plus grand que ces quelques minutes à passer. A choisir entre les deux, autant choisir la pause.

Cette petite voix n’est pas vous. Vous pouvez imaginer un petit reptile si cela vous aide. A force de ne pas écouter ni obtempérer aux ordres du cerveau reptilien, ses messages se font de moins en moins forts. Jusqu’à disparaitre. Les habitudes qu’on n’entretient pas disparaissent. C’est une bonne nouvelle.

Le renforcement positif est important pour le cerveau. A chaque fois, fêtez vos victoires lorsque vous avez réussi à passer outre les injonctions du cerveau reptilien. Evidemment, sans utiliser la nourriture.

Dans la vie, vous avez certains principes, des limites que vous ne franchirez pas. Vous pouvez  ajouter à votre liste personnelle le fait de manger pour faire disparaitre les urgences. Cela ne fera plus partie des choses que vous faites.

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