Stress et épigénétique : notre mode de vie modifie nos gènes

Le stress est une réponse normale et naturelle de l’organisme face à des situations de tension ou de danger. Cependant, lorsqu’il est chronique et intense, le stress peut avoir des effets néfastes sur la santé mentale et physique.

Selon les dernières études en épigénétique, le stress peut avoir un impact sur l’expression génétique et, par conséquent, sur la santé à long terme. L’épigénétique est l’étude de l’influence des facteurs environnementaux sur l’expression génétique, sans changer la séquence d’ADN elle-même.

ll existe également des preuves que le stress peut être transmis de génération en génération par l’intermédiaire de l’épigénétique. Une étude de l’Université de Yale (Dias et Ressler, 2014) a révélé que le stress subi par les rats pendant leur grossesse pouvait entraîner une modification de l’expression génique de leurs descendants, ce qui pourrait expliquer pourquoi certains individus sont plus vulnérables au stress.

Une étude publiée dans la revue Nature Neuroscience (McGowan et al., 2009) a montré que le stress chronique peut entraîner des modifications épigénétiques dans le cerveau, qui peuvent conduire à des troubles mentaux tels que la dépression et l’anxiété. De même, une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (Miller et al., 2015) a montré que le stress précoce peut entraîner des modifications épigénétiques qui augmentent le risque de maladies cardiaques et de diabète de type 2 à l’âge adulte.

Stress et épigénétique : le stress n’est pas le seul facteur impliqué

Il est important de noter que le stress n’est pas le seul facteur impliqué dans les modifications épigénétiques. D’autres facteurs tels que l’alimentation, l’exercice physique et l’exposition aux toxines peuvent également avoir un impact sur l’expression génétique. Cependant, le stress peut jouer un rôle important dans la santé à long terme et il est important de gérer le stress de manière efficace pour prévenir les effets néfastes sur la santé.

Références

Dias, B.G. et Ressler, K.J. (2014). Parental olfactory experience influences behavior and neural structure in subsequent generations. Nature Neuroscience, 17(1), 89-96.

McGowan, P.O., et al. (2009). Epigenetic regulation of the glucocorticoid receptor in human brain associates with childhood abuse. Nature Neuroscience, 12(3), 342-348.

Miller, G.E., et al. (2015). Childhood stress exposure alters DNA methylation of genes that regulate stress response in adulthood. Environmental Health Perspectives, 123(4), 389-396.